Qu’est-ce qu’être végane ?

Le 1er novembre est la journée internationale du véganisme. Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce qu’être végane ? Gwen vous explique.

Non, les véganes ne sont pas membre d’une secte. Au même titre que Pythagore n’était pas un gourou, mais bien un philosophe qui ne mangeait pas de chair animale et marchait avec des chaussures faites en écorce pour ne pas utiliser de cuir. Rassurez-vous, il est plus facile d’être végane aujourd’hui qu’à son époque, promis, il existe d’autres solutions que le bois pour vos petits pieds !

être végane

Qu’est-ce qu’un végane ?

Les véganes refusent toute forme d’exploitation animale. Ils ne consomment ni viande, ni poisson, ni lait, ni œuf, ni miel, n’utilisent pas de produits testés sur les animaux (cosmétiques, produits ménagers, etc.), ils ne portent pas de cuir, de laine… et refusent les corridas, zoos, tours en calèche, chasse, pêche et autres loisirs de ce type. Les véganes essaient donc de vivre en accord avec leurs principes et refusent de classer les espèces en mangeables (cochons, poules, vaches) et non mangeables (chiens, chats, dauphins… et cela selon la culture).

Présenté comme cela, ça peut paraître contraignant. Tout est une question d’habitude. La plupart ont changé progressivement leur alimentation, les cosmétiques véganes se trouvent facilement sur des boutiques en ligne, même la marque Esprit a une ligne de chaussures véganes certifiées par l’association Peta et il existe des centaines de loisirs qui n’impliquent pas de souffrance animale.

Végane pour les animaux

Il existe plusieurs raisons qui poussent à réduire ou arrêter la consommation de produits animaux. Je les évoquerai de façon succincte (car on peut en faire un livre entier), le but étant de vous présenter les grandes lignes.

devenir végane

La principale raison, celle qui peut se suffire à elle-même, concerne les animaux. Honnêtement, il n’y a plus à tergiverser sur la question, les animaux sont des êtres sentients, capables d’émotions, de sentiments, de mémoire… capables de souffrir. Déjà Rousseau faisait de la capacité à souffrir des animaux le fondement du critère d’attribution de droits.  Le 7 juillet 2012, un groupe d’éminents chercheurs, dont le neuroscientifique Philipp Low et le physicien Stephen Hawking, se sont réunis à Cambridge et ont signé une charte reconnaissant que les animaux ont une conscience.

La vidéo des abattoirs d’Alès réalisée par l’association L214 n’est qu’un aperçu des souffrances animales. Leurs conditions de vie dans les élevages intensifs (la majorité de la production) sont atroces. Certains ne voient jamais la lumière du jour, ils vivent, dorment et font leurs besoins dans le même espace faute de place, ils subissent des écornages, épointages de becs, dégriffages, coupages de queue pour les adapter à leur milieu (les comportements violents entre les animaux sont courant face à la claustration, à l’instar des humains). Les poules ne peuvent pas étendre leurs ailes, les cochons, joueurs et sociaux, ne peuvent pas bouger, les veaux sont séparés de leur mère à la naissance pour qu’elle produise du lait pour nous… et le sort des poissons n’est pas plus enviable qu’ils soient en élevage ou pêchés en plein mer. On ne les entend pas crier, mais ils suffoquent longtemps avant de mourir.

60 milliards d’animaux sont tués chaque année (sans compter les animaux marins).

Végane pour l’environnement et l’équité

A cette raison, s’ajoute la préoccupation environnementale. La FAO répète depuis déjà plusieurs années que la principale source d’émission de gaz à effet de serre est l’élevage (14,5 % des émissions). L’élevage participe également à la déforestation, pour nourrir le bétail, les champs de soja remplacent la forêt amazonienne (et non du soja destiné à la consommation humaine). En France, les 2/3 des terres agricoles sont destinés à l’alimentation animale et 4,5 millions de tonnes de soja sont importés.

La surexploitation des océans a provoqué une chute de 50 % des populations marines. Les techniques de pêche sont de plus en plus invasives, avec de gigantesques filets qui ratissent les fonds marins, détruisant sur leur passage des coraux centenaires voire millénaires, attrapant parfois jusqu’à 90 % de prises « accessoires » qui seront jetées, car non consommés, comme les requins blancs et requins-renards.

L’élevage est également un grand consommateur d’eau. La viande représente 36 % de la consommation d’eau en France. En résumé, il faut environ 8 250 litres d’eau chaque jour pour la nourriture d’un omnivore et 3 600 litres pour celle d’un végétalien. La consommation d’eau dans l’élevage comprend celle nécessaire à la pousse des plantes données à l’animal en plus de l’eau qu’il boit,  celle qui est nécessaire dans les abattoirs pour le conditionnement sous forme de viande, etc.

production animale

La production de bétail monopolise 70 % des terres agricoles et 30 % de la surface émergée de la planète. L’alimentation des cheptels des pays dits riches se fait en partie grâce à la production céréalière des pays dits pauvres et qui n’ont pas assez pour nourrir leur propre population. L’eau et la nourriture sont un véritable enjeu des années à venir. D’ici 2050 la population mondiale atteindra les 9 milliards et il n’y aura pas assez à manger pour tout le monde si nous continuons à nourrir des milliards d’animaux avec des tonnes de protéines animales qui pourraient servir à la consommation humaine.

Végane pour la santé

A ces deux raisons, nous pouvons ajouter la santé. Il est tout à fait viable de vivre sans consommer de produits issus des animaux. Les protéines existent dans le monde végétal et d’aussi bonne qualité que celles d’origines animales. Selon une étude de l’OMS, la FAO et l’ONU, le soja compte 38,20 g de protéines pour 100 grammes, les pois carrés 33,10 g, le beurre de cacahuètes 30,80 g, les haricots rouges 23,60 g, les lentilles 23,40 g… devant le camembert à 23 g et le jambon de porc à 22,50 g. A l’heure où le nombre de maladies cardiovasculaires grimpe en flèche, le véganisme semble être une solution pour vivre en bonne santé, le régime végétalien contenant moins de graisses saturées et de bonnes proportions de fibres. L’OMS serait d’ailleurs sur le point de classer la viande transformée comme aliment cancérigène, au même titre que la cigarette ou l’amiante.

Que mange un végane ?

Les véganes sont loin de l’image de personnes faibles, pâles, carencées… L’alimentation végétale, bien menée, est appropriée à tous les âges de la vie selon l’Association américaine de diététique (qui compte 72 000 médecins), mais aussi l’APSARES en France. Nous avons aujourd’hui accès à une grande variété de végétaux et il n’est plus indispensable de manger de la viande pour vivre.

go vegan

Réduire ou arrêter la consommation de produits carnés paraît insurmontable quand on a toujours grandit dans une société carniste*. Pourtant, la diversité des végétaux et des légumineuses est immense. On oublie bien vite l’absence de produits carnés. Certaines combinaisons sont magiques gustativement, mais aussi culinairement parlant. En bref, les véganes mangent aussi bien des salades (mais bien garnies) que des flammekueches, des pâtes bolo et des tiramisus.

Concernant l’alcool, la site barnivore liste les vins, bières et liqueurs vegan-friendly. Il est sans cesse alimenté par les internautes. L’alcool est en effet parfois clarifié avec de la gélatine, de la colle de poisson, de la caséine (protéine du lait), du blanc d’œuf…

Les véganes sont donc très loin de se nourrir exclusivement de salades et de cachets pour compenser. Il n’y a rien à compenser. La seule vitamine manquante dans l’alimentation végane et qui demande une supplémentation (indispensable pour éviter de graves soucis de santé !) est la vitamine B12. Celle-ci se retrouve dans l’alimentation omnivore grâce aux animaux eux-mêmes supplémentés avec des cachets de vitamine B12.

Comment se maquiller et s’habiller végane ?

Il existe pour les cosmétiques un certain nombre de labels qui garantissent des produits véganes et sans cruauté. Des sites se sont spécialisés dans ce type de produits, cela facilite la tâche pour les achats. Pour les produits ménagers vous pouvez également en trouver des non-testés sur les animaux ou même les réaliser vous même avec du savon de marseille, du vinaigre, des matières premières efficaces, pas chères et non nocives pour vous et l’environnement.

cruelty free et vegan

Concernant l’habillement, on trouve facilement des vêtements synthétiques. Mais ce n’est pas forcément très écolo. On peut se tourner vers des marques équitables qui utilisent du coton bio (le coton non bio est produit avec beaucoup de pesticides) ou les friperies pour donner une seconde vie aux vêtements ! Les chaussures véganes restent encore assez chères, on les trouve en ligne également. En boutique, on trouve des chaussures sans cuir, mais il est parfois difficile de savoir si la colle utilisée est faite à base de poisson (oui, oui, on retrouve des produits animaux partout) ou non.

Et vous, êtes-vous prêts à réduire ou arrêter la consommation de produits animaux ?

* Le carnisme correspond à un ensemble de discours officiels visant à justifier moralement et même à encourager la consommation de produits d’origine animale, au nom de différents principes (religieux, philosophiques, médicaux ou écologiques). Ce terme a été inventé par Melanie Joy.

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Gwen - Un courant de vert

Je suis Gwen, journaliste et autrice (Vivre Végane aux éditions Livre de Poche paru en 2016). J'adore la cuisine (Un Grand Noël vegan, éd. La Plage en novembre 2017), la lecture, l'écriture... Je partage avec vous mes découvertes écolo et végane !

10 Comments
    1. Je suis 100% végane depuis 6 mois environ. Avant j’étais végane chez moi, mais je mangeais des œufs et du fromage à l’extérieur (du coup je me disais végétarienne qui n’achète plus aucun produits testés sur les animaux ou de vêtements fait avec eux).

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