Critique de film : La saison des femmes

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La Saison des Femmes, le nouveau film de la réalisatrice indienne Leena Yadav nous offre un très bel exemple de liberté et d’émancipation. Plus que jamais d’actualité, non seulement en Inde mais aussi partout dans le monde, il trouve résonance auprès des femmes de toutes les cultures, même les moins archaïques, qui sont toujours opprimées et asservies par l’homme.

La Saisons des Femmes est le 3ème long métrage de Leena Yadav avec lequel elle perpétue son attachement au cinéma « porte-parole »  (Shabd en 2005 et Teen Patti en 2010). Il a d’ailleurs fait partie de la sélection officielle des films en compétition des festivals de Toronto et de Stockholm en 2015.

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La saison des femmes, un film touchant

Dans un petit village traditionnel de l’Etat du Gujarat en Inde : 4 femmes vont prendre conscience de leur existence, de leurs désirs et de leurs rêves malgré les regards désapprobateurs des hommes et des femmes du village.

Rani, mère veuve de 32 ans, accueille l’épouse qu’elle a choisie pour son fils Gulab : Janaki, alors qu’une troupe de danseuses/prostituées fait son arrivée près du village pour divertir les hommes. Bijli, amie d’enfance de Rani et star de la troupe de danse, va alors réveiller les démons des hommes (alcoolisme, adultère, …) tout en éveillant les consciences de ses amies sur leur condition de femme-objet.

Cette histoire inspirée des rencontres de la réalisatrice nous renvoie une image universelle de la femme. Quatre personnalités se mêlent, toutes fortes et fragiles à leur manière. Rani et Lajjo, qui subissent la suprématie des hommes mais qui perpétuent les traditions et s’asservissent inconsciemment quitte à prendre position contre la femme instruite qui essaye de faire évoluer leurs traditions. Janaki, l’adolescente qui fait acte d’une micro résistance, mais qui ne peut s’empêcher de respecter les traditions par respect pour sa famille et son éducation. Bijli, l’outsider, danseuse et prostituée, à la fois pilier et honte de la société indienne, qui se croit indépendante, libre de gagner sa vie, mais qui se fait exploiter par les hommes.

Un très beau film où se mêle la puissante volonté de Leena Yadav de dénoncer une société machiste, où la femme n’est qu’un objet sexuel, ainsi qu’une ode au cinéma bollywoodien empreint de cette culture festive, colorée et dansante. Plus qu’un film engagé, La Saison des Femmes rend aussi hommage à la culture indienne, notamment avec une b ande son typiquement inspirée du folklore créée par Hitesh Sonik.

L’image du film est léchée, tournée en cinémascope et le montage savamment orchestré, ce qui n’est pas étonnant qu and on connaît le passé de monteuse de Leena Yadav. La réalisatrice a également fait appel à de gr ands noms du cinéma indien, parfois connus à l’étranger comme c’est le cas pour Tannishtha Chaterjee (Rani) qui a notamment été nominée au côté de de Judi Dehcnh et Anne Hathaway au prix de la Meilleure actrice aux British Independent Film Awards pour son rôle dans Rende-vous à Brick Lane de Sarah Gavron.

Loin du film d’auteur moralisateur et pompeux auquel on pourrait s’attendre, ce film mêle savamment humour et vérité, prise de conscience et respect de l’héritage culturel indien, je vous conseille vivement d’aller le voir car il parle à toutes les femmes. Et nous montre que nous créons notre propre misère, que nous nous enlisons de nous même dans des traditions à cause de l’éducation que nous inculquons à nos enfants !

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Retrouvez La Saison Des Femmes au cinéma dès le 20 avril

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