Soigner une phobie par l’hypnose

Sophie est arachnophobe. Cela veut dire qu’elle a la phobie  des a-r-a-i-g-n-é-e-s. Comme tout le monde ? Pas vraiment. Peu de gens aiment les bestioles à huit pattes, mais pour elle, c’est pire que ça, bien pire. Comment soigner une phobie quand elle devient invivable ?

Pour que vous compreniez bien le problème, je vais d’abord vous expliquer en quoi cette phobie a pourri ma vie. Je n’ai pas juste peur quand je vois une vous-savez-quoi dans un coin de la chambre. Non. Je suis littéralement et irrationnellement terrorisée. Oui je sais, la petite bête ne mange pas la grosse, blablabla. Ça me fait une belle jambe ! Le principe même d’une phobie est d’être irrationnelle, il est donc inutile et parfaitement contre productif d’essayer d’expliquer à un-e phobique que sa peur est stupide ou démesurée.

Et oui, j’ai même du mal à écrire, dire ou penser le mot qui est automatiquement lié à l’image de la chose. “La peur d’un mot ne fait qu’accentuer la peur de la chose elle-même”. Ouais bah plus facile à dire qu’à faire mon p’tit pote !

Ma phobie et moi

Si j’en vois une, je hurle, je pleure, je tremble et je suis tétanisée. Je vais vous raconter une anecdote. Il y a quelques mois, je passais le week-end chez mes parents. J’étais dans la douche, je tends la main pour prendre le flacon de gel douche quand une bête surgit de derrière le flacon. J’ai tellement paniqué que j’ai failli me casser la jambe en reculant dans la baignoire et en m’accrochant au rideau de douche (qui n’a pas supporté mon poids et s’est décroché). Vous voyez la scène dans Psychose ? Pareil.

Je suis donc là à hurler et je pleure à m’en étouffer, avec des tremblements et des sueurs froides. Il a fallut que mon père (qui ne m’a pas vu nue depuis mes 8 ans) et ma mère interviennent pour 1) tuer la bête et 2) me calmer. Heureusement mes parents ont l’habitude de mes crises savent comment réagir.

Quand une phobie vous gâche la vie

Au début, ce n’était que les vraies qui posaient problème. Puis les choses ont pris une proportion inimaginable. J’ai commencé à avoir peur d’en voir une. Je n’attendais même plus d’en voir vraiment une. J’avais peur à l’avance. J’inspectais chaque pièces depuis le pas de la porte avant d’y entrer… Puis j’ai commencé à imaginer qu’il y en avait vraiment, à y penser le soir avant de dormir, à les imaginer grimper sur le lit, et même à en rêver la nuit. Après c’est devenu encore pire : les photos, les images, les dessins, à la télé, dans les films, dans les dessins animés… Tout ce qui ressemblait de prêt ou de loin à une araignée me faisait flipper sa race.

J’ai même fait des crises dans la rue ou au travail. D’ailleurs mes collègues ont vite découvert ma phobie et on trouvait très drôle que le simple mot me fasse disjoncter. Ils s’amusaient à venir me le dire pour voir ma réaction. Ce n’est que bien plus tard que j’ai eu le courage de leur dire d’arrêter et qu’ils ont enfin compris mon malaise. Mais je ne leur en veut pas.

En fait, beaucoup de gens ignorent le calvaire que ça peut être et combien une phobie peut gâcher la vie. Les gens trouvent ça stupide ou irraisonné mais c’est une vraie souffrance qui ne doit pas être négligée ou minimisée.

Soigner une phobie

Voila un nounours réconfortant. Ça ne soigne pas mais ça fait du bien.

Comment soigner une phobie ?

L’année dernière, quand c’est devenu vraiment ingérable, j’ai décidé de me soigner. De prendre le problème à bras le corps pour éliminer le problème.

Il existe différentes méthodes pour soigner une phobie. Certaines méthodes nécessitent de se confronter physiquement à la chose qui provoque la peur. Autant vous dire qu’il était hors de question de me retrouver nez à nez avec une bestiole. J’ai donc choisi de me faire soigner par hypnose, sur recommandation d’un médecin généraliste.

Je ne vais pas vous spoiler plus longtemps : même si il y a eu de l’amélioration, je ne suis pas totalement guérie. J’ai fait 2 séances d’hypnose. C’est une expérience très particulière et difficilement descriptible. L’hypnose agit différemment selon les personnes. Mon hypnothérapeute m’a trouvé très réceptive mais plusieurs mois après je constate que je ne peut toujours pas regarder certaines scènes d’Harry Potter sans me pisser dessus.

Cependant, il y a eu des progrès : j’ai récemment accepté la présence de Joséphine sur notre balcon et je n’y pense (presque) plus la nuit. Si j’en vois une, que ce soit en vrai ou en photo, je panique moins qu’avant. Je sursaute et j’ai le cœur qui bat très fort mais je ne tremble plus et je ne pleure plus. Ça peut sembler dérisoire mais pour moi c’est déjà une grande victoire.

L’origine de la phobie

Une phobie n’est pas innée. Elle résulte dans 90% des cas d’un traumatisme, d’un épisode traumatisant ou d’un choc psychologique.

J’avais vu une fois à la télé une femme qui avait la phobie des fruits. Cette peur trouvait son origine dans un épisode de son enfance qu’elle avait enfoui dans son inconscient : lorsqu’elle était petite elle avait été traumatisé à l’hôpital par un anesthésiant parfumé à la fraise… Depuis elle ne pouvais même utiliser de gel douche parfumé aux fruits. C’est dingue non ?

Il était donc indispensable pour moi de comprendre d’où venait cette phobie. Et avec l’aide de ma famille et de mon hypnothérapeute, nous avons trouvé l’origine de cette peur. Pour moi aussi il s’agit d’un épisode traumatisant dans mon enfance.

Depuis j’ai beaucoup discuté avec la personne qui a déclenché sans le vouloir cette phobie, elle s’est excusé et ça m’a fait beaucoup de bien. Je pense que cette peur et les vous-savez-quoi sont directement liées à cette personne. Peut-être des choses qui ne sont pas réglées, des malentendus entre nous… Je suis sur le chemin de la guérison mais il sera encore long.

Et vous, vous avez des phobies ? Vous avez déjà soigner une phobie ?

Sophie
Sophie

Sophie, 28 ans, est ce qu'on appelle communément une "écolo relou". Adepte du zéro déchet et pratiquant le véganisme, elle sort parfois de sa grotte verte pour aller au cinoche ou partir à la recherche de graines de pavot en vrac. Elle voue un véritable culte aux transports en commun et aime y observer la faune et la flore parisienne.

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